Dans ma pratique 3 groupes d’injectables différents avec des indications d’utilisation différentes sont utilisés:

  1. L’acide hyaluronique, avec une durée de vie d’environ 6 mois et un risque de complication faible (rare cas d’inflammation ou d’allergie toujours réversible), est pour moi le meilleur matériel résorbable et celui que j’utilise le plus. Il existe de nombreux produits commercialisés, certains produits sont supérieurs en qualité (restyane, juvederm par exemple) à d’autres. Par conséquent, demandez à votre praticien quel produit il utilise.
  2. Les matériaux lentement résorbables dont les chirurgiens plastiques se méfient encore. De nombreux produits sortent chaque année des laboratoires et il n’est pas toujours facile de faire la part des choses. Le risque d’inflammation après leur injection existe et leur durée de vie longue (jusqu’à 2 ans) fait que l’inflammation pourait persister pendant tout ce laps de temps. Mais, certains de ces produits utilisés sur des milliers de cas ont démontré empiriquement leur qualité et l’on peut dorénavant les intégrer dans notre pratique. Ces produits sont en général utilisés chez des patients qui ne veulent pas revenir tout les 6 mois pour un traitement à base d’acide hyaluronique.
  3. Le lipofilling, est une technique de plus en plus utilisée en chirurgie plastique. Elle permet d’augmenter le volume (par exemple des joues, des lèvres), atténuer les dépressions (par exemple des sillons nasogéniens). On peut même dans de cas bien sélectionnés augmenter des volumes plus importants comme celui des seins.

    Les avantages majeurs du lipofilling sont:

    • utilisation du matériel biologique (comme une greffe), donc le risque de rejet ou de granulome inflammatoire est nul
    • la prise de greffe est permanente
    • la graisse donne un aspect très naturel au site traité

    Mais, il existe des désavantages à cette technique:

    • Technique nécessitant une phase de prélèvement et de préparation qui allonge le temps d’intervention.
    • le résultat est effectivement permanant mais parfois partiel et il faut avoir recours à une deuxième voire une troisième sessions de lipofilling pour obtenir un résultat satisfaisant.
    • le coût financier est plus important
  4. Matériel non résorbable synthétique. Personnellement, je n’utilise pas ce groupe de produit car le risque de rejet, d’inflammation permanente ou de migration est significatif avec les produits actuellement sur le marché. L’avenir pourrait être différent.

En conclusion, tous les produits du groupe 1 à 3 ont une place dans notre arsenal thérapeutique. Mais c’est à la suite d’une discussion et une explication précise que l’on peut opter pour l’un ou l’autre. La décision finale , comme pour tout traitement esthétique, doit se prendre en commun accord entre le chirurgien et le patient.

On appelle vulgairement cellulite l’aspect irrégulier et inesthétique de la peau (cellulite non-infectieuse). En médecine, “celullite” est également le nom donné à une infection bactérienne des tissus graisseux sous la peau dont on ne parlera pas ici (cellulite infectieuse).

L’hypothèse la plus probable est que la celullite non-infectieuse soit causée par l’amincissement du derme (couche profonde de la peau) apparaissant avec l’âge associé à l’augmentation du dépôt de graisse sous la peau. Les travées fibreuses entre les lobules graisseux ont des connections à la peau; avec l’augmentation des dépôts graisseux ces travées sont distendues, ce qui provoquent l’aspect irrégulier en creux et bosse de la peau (aspect capitonné). L’amincissement du derme aggrave ce phénomène. Ces travées fibreuses sont surtout présentes au niveau des fesses et des cuisses où le phenomène est le plus gênant.

Le traitement de la cellulite est difficile. La lipoaspiration diminue les dépôts graisseux mais n’améliore pas l’amincissement du derme. La lipolyse permet d’obtenir les mêmes resultats que la lipoaspiration mais de manière plus limitée et moins invasive. Le drainage lymphatique peut améliorer dans certains cas l’aspect de la peau, mais pas toujours de manière irréversible. Dans les cas graves avec un excès cutané, le lift des fesses et cuisses peuvent améliorer ce problème. Mais, il faut associer ces traitements à une hygiène alimentaire et de l’exercice physique régulier.

L’endermologie, peut améliorer le drainage lymphatique et donne dans certains cas des résultats favorables, mais réversibles avec l’arrêt du traitement. La mésothérapie, permet une améloration de la texture de la peau mais cet effet est également réversible à l’arrêt du traitement. Ces deux derniers nouveaux traitements doivent encore démontrés leur efficacité à long terme. Enfin, les crèmes vendues sur le marché n’ont pour la plupart pas été le sujet d’étude scientifique et n’ont donc pas démontré leur efficacité.

Je voudrais attirer l’attention sur les risques potentiels que prennent certains patients qui ne consultent pas un spécialiste détenteur du titre de spécialiste FMH (fédération des médecins helvétiques) en chirurgie plastique reconstructive et esthétique.

Aux Etats-Unis, des cas de patients opérés par des prétendus chirurgiens sont nombreux. Ainsi, au courant de ces derniers mois 3 patients sont morts après avoir été opérés par des personnes non qualifiées. Ces incidents ont eu lieu dans un cabinet de médecin basé en Arizona. Les patients sont décédés suite à des complications de lipoaspiration (lien)

Très étonnamment en Suisse, de nombreux cas d’abus existent. Malheureusement et étrangement, il est très difficile pour un patient de se rendre compte si la personne qu’il consulte a les compétences requises.

C’est la responsabilité même du patient de vérifier la formation chirurgicale du spécialiste. Ce dernier doit être:

  1. détenteur du seul titre officiel de spécialiste en chirurgie plastique reconstructive et esthétique FMH
  2. membre de la société suisse de chirurgie plastique reconstructive et esthétique (http://www.plastic-surgery.ch/).

Ces deux organes imposent des règles très strictes en matière de formation chirurgicale et exigent une formation continue (de minimum 40 heures par années).

D’autres critères, plus subjectifs peuvent guider dans le choix de votre chirurgien. Vous les retrouverez sur le site c a r e (lien).

L’été approche et on me demande régulièrement quels sont les traitements qui ne sont pas pratiqués à cette époque de l’année. L’augmentation de la température et l’exposition solaire influence en effet notre activité. On pratique moins de lipoaspiration, par exemple, qui nécessite le port d’un vêtement spécifique durant plusieurs semaines. En raison du risque d’hyperpigmentation réactionnelle après une exposition solaire, les peelings sont également déconseillés. Ce sont là deux interdictions relatives; surtout à Genève où la chaleur et l’ensoleillement ne sont pas toujours au rendez-vous. Précisons que je déconseille à tous mes patients l’exposition solaire directe et non protégée.

Par contre, la plupart des autres traitements, comme l’augmentation mammaire, la rhinoplastie, le lifting, la chirurgie des paupières ainsi que l’épilation laser sont pratiqués en été.

Bonjour,
Dans ce blog, je vais régulièrement donner des informations concernant les nouvelles tendances en chirurgie plastique et médecine esthétique et partager avec les lecteurs mes réflexions sur ces domaines. Par ailleurs, de nombreux patients m’appellent pour m’interroger sur les nouveaux traitements. Je tâcherai également de faire la part entre les traitements qui semblent intéressants et ceux qui ne présentent pas d’intérêt ou semblent même dangeureux.